23.11.2008

Sarkozysme: à Chevreuse, une communauté apparemment bien intégrée

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Sarkozysme : à Chevreuse, une communauté apparemment bien intégrée

Un important dispositif de gendarmerie a été déployé ce dimanche 23 novembre 2008 matin autour du village de Chevreuse (Yvelines) où cinq personnes ont été interpellées dans le cadre de l'enquête sur l'absence de démocratie participative. Les gendarmes bloquaient ce dimanche en fin de matinée, les accès à Chevreuse en Yvelines, où des perquisitions étaient en cours.

Selon une source proche de l'enquête, sur place, les cinq personnes arrêtées, appartenant à l'ultra droite, mouvement autonome FLAPY ( Front de Libération Anti Parole des Yvelines), sont âgées d'une cinquantaine d'années et vivent dans différents lieux de Chevreuse, mais principalement regroupés sur la rue de Dampierre.

Ces interpellations ont surpris une partie des habitants du village qui affirment que ces gens "très discrets et propres sur eux",  avaient redonné vie au village en reprenant la mairie et en y organisant des soirées très animées.

"Des soirées trés animées qui  se terminaient souvent en douceur par des morceaux de harpe inoubliables" assure un journaliste local.

"Ils nous avaient redonnés le goût de la révolte et de l'opposition", indique un blogueur encore sous le choc.Interventions Gendarmerie.jpg

"L'un d'entre-eux, m'avait dit qu'il était sarkosyste mais je pensais que c'était par forfanterie", affirme un habitant ayant requis l'anonymat, trésorier d'une association locale de protection de l'environnement. (Source AFP)

Certains vivaient dans les beaux quartiers, d'autres tenaient la mairie: les personnes arrêtées dimanche à Chevreuse, après les derniers méfaits du 5 novembre, formaient une communauté apparemment bien intégrée, dans ce village de 5722 âmes, au sein du Parc Naturel Régional.

Cette communauté trés discrète entretenait de bons rapports avec les communes avoisinantes selon le responsable du conservatoire local, et compte entre une dizaine et une trentaine de membres, selon différents témoignages.

"Ils ne sont pas compliqués, on les voit même au café. Et puis la mairie rend bien service. Elle affréte un car pour faire les courses au supermarché quand les commerces du bourg sont fermés au mois d'août", raconte une habitante, Yvette Larivière.

"Nous n'avons jamais eu de problème d'aucun ordre avec eux, d'ailleurs nous ne savions pas ce qu'ils faisaient à la Mairie", confirme un élu d'opposition.

"Par le bouche à oreille, nous arrivions à être toujours au courant, fallait bien mettre de l'argent de coté pour payer les projets qu'ils nous mijotaient, parce qu'au final, c'est toujours nous qu'on paye" nous apprend une habitante du coeur de ville.

"Et pour le Parc Omnisport, ils l'ont fait tout seuls, refusant l'information et la concertation que l'on demandait" assure une riveraine de la future tribune.

"Moi, je les trouvais efficaces, il suffisait d'une pétition pour que l'on obtienne des travaux de mise en sécurité, des aménagements ou un feu rouge pour pouvoir sortir de chez soi" assure un riverain du chemin des Regains et il confie le regard vide" Je ne les voyais pas passer à l'acte".

"Ils nous ont bien eu, on a passé des mois à s'entredéchirer pour créer un comité de quartier" assure un habitant de la rue de la porte de Paris et pendant ce temps là, ils s'affairaient à leurs demandes de subventions d'études pour l'obtention de subventions pour faire des travaux... mais jamais dans notre coin.

Les habitants et les élus interrogés par l'AFP soulignent que ces gens sont plutôt bien intégrés dans la commune, où ils gèrent la mairie qui fait aussi station service police-municipale. Une mairie qui affichait ce dimanche, le panneau "Fermé".

La petite commune se souviendra en tout cas d'un 23 novembre particulier. Ce qui n'a pas empêché la course des quatre châteaux de se dérouler, au beau milieu des perquisitions en cours.

Sur les hauteurs du village, près du château, les derniers barrages ont été levés vers 16H00 au moment où, sur la place de l'église, des policiers cagoulés évacuaient plusieurs des personnes interpellées, aux visages masqués, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les policiers ont notamment perquisitionné les logements bourgeois rue de Dampierre, où les têtes du groupuscule vivent en "communauté" depuis environ quinze ans, mais aussi la mairie, ainsi que le "conservatoire local" de la commune, cogéré jusqu'il y a un an par des personnes visées par l'opération policière, selon des sources concordantes.

En fin d'apès midi, un comité de soutien était déjà en train de se constituer pour tenter d'aider les interpellés.

 

.                    De notre tenace envoyée spéciale "Miette" pour Le Blog de Chevreuse

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02.07.2008

La complainte de l’instituteur godillot

Quand ils ont supprimé 11 000 postes dans l’Education nationale,
J’ai rien dit, j’ai regardé les manifs sur tf1, le soir après l’étude, et j’ai préservé mon pouvoir d’achat.

Quand ils ont supprimé les postes d’infirmières,
J’ai rien dit, j’ai appris par cœur le numéro des pompiers et du Samu.

Quand ils ont supprimé les postes Rased et créé le Soutien scolaire,
J’ai rien dit, j’ai orienté les élèves en difficulté et j’ai signé avec leurs parents des contrats qui n’engagent que la responsabilité de l’enfant en cas d’échec.

Quand ils ont supprimé les postes d’intervenants extérieurs,
J’ai rien dit, j’ai troqué la richesse humaine contre des heures supplémentaires et j’ai demandé aux parents de faire des gâteaux pour le départ de mes collègues.

Quand ils ont supprimé l’école le samedi et rallongé la durée scolaire journalière,
J’ai rien dit, j’ai félicité ceux qui dormaient en classe et j’ai puni ceux que la fatigue excitait.

Quand ils ont supprimé deux heures d’enseignement par semaine,
J’ai rien dit, j’ai appauvri le programme en me repliant sur les matières fondamentales et je me suis caché derrière le petit doigt de ma « liberté pédagogique ».

Quand ils ont supprimé la dimension culturelle et sociale de mon métier,
J’ai rien dit, j’ai appris aux enfants à lire, écrire et compter, en expliquant aux parents que pour la culture et la transmission des valeurs, la télé et les curés sont meilleurs que les instituteurs.

Quand ils ont supprimé la carte scolaire et fermé des classes en surchargeant les autres,
J’ai rien dit, j’ai vu s’enfoncer les élèves en difficulté et j’ai mis au point un programme à deux vitesses : un pour les bons élèves, un pour les largués.

Quand ils ont supprimé les cours d’histoire pour programmer des faits historiques et religieux,
J’ai rien dit, j’ai lu tout Guy Moquet et j’ai organisé un tour de France des monuments aux morts.

Quand il ont supprimé le droit de grève aux enseignants,
J’ai rien dit, j’ai signé une pétition pour réclamer l’arrêt immédiat de toute prise en otage de la population française par les Services publics et la libération d’Ingrid Bétancourt.

Quand ils ont supprimé les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM),
J’ai rien dit, j’ai pris des cours du soir en coaching et management.

Quand ils ont supprimé la culture générale pour la culture d’entreprise,
J’ai rien dit, j’ai mis mes enfants dans le privé et j’ai investi sur/pour eux.

Quand ils ont supprimé l’école publique,
J’ai rien dit, car il n’y avait plus personne pour écouter mon cours sur ses valeurs républicaines : la Liberté par le savoir ; l’Egalité par l’instruction obligatoire et gratuite ; la Fraternité par la laïcité et la mixité.


Dédié aux enseignants qui croient encore que, face au pire, il faut collaborer pour sauver sa  peau.

Nicolas MARRET, parent d’élèves



« En fait, à moins que nous ne cherchiez à déserter l'esprit laïque et républicain, que sont donc les programmes de l'enseignement dans nos écoles primaires ? Sont-ce des programmes d'effacement, d'abdication, de neutralité dégradée, humiliée ? Non, c'est l'affirmation du droit politique de tous les hommes sous la forme de la République ; c'est l'affirmation du droit égal pour toutes les consciences de résoudre par la seule raison tous les problèmes de l'univers.»

Jean Jaurès – 1894